Valls-Macron : le premier faux pas du président élu ?

Par Renée Fregosi Publié le 10/05/2017 à 16:26 Le Figaro

FIGAROVOX/ANALYSE- Le souhait de ralliement exprimé par Manuel Valls a été accueilli plutôt froidement par les équipes de La République en marche. Pour Renée Fregosi, Valls s’inscrit pourtant dans la ligne social-démocrate défendue par Macron.
Renée Fregosi est une philosophe et politologue française. Directrice de recherche en Science politique à l’Université Paris-Sorbonne-Nouvelle, elle a récemment publié Les nouveaux autoritaires. Justiciers, censeurs et autocrates(éd. du Moment 2016)

Sur la forme, les atermoiements du parti République En Marche quant à la candidature aux législatives de Manuel Valls constituent, chacun l’accorde, pour le moins une maladresse. Bataille d’égos, basse vengeance de l’ancien ministre de l’économie à l’égard de son ancien premier ministre à qui il devait cependant d’avoir été nommé au gouvernement et qui avait défendu sa loi travail jusqu’à entacher sa propre image en recourant au 49.3. Ingratitude vis-à-vis du responsable socialiste qui, reniant son engagement à soutenir le vainqueur des primaires, abandonna Benoît Hamon pour soutenir Emmanuel Macron dès le premier tour, entraînant nombre de ses propres soutiens à sauter le pas et voter Macron malgré leurs réticences. Incohérence également, eu égard à la devise du «et de droite et de gauche», à rejeter une figure majeure du socialisme français, au moment même où l’on pronostique le plus souvent la nomination future d’un premier ministre de droite.

Le mépris affiché pour Manuel Valls de la part de l’équipe REM et du président élu pourrait constituer une grave erreur politique pour la présidence d’Emmanuel Macron.

Mais surtout, ce mépris affiché pour Manuel Valls de la part de l’équipe REM et du président élu pourrait constituer une grave erreur politique pour la présidence d’Emmanuel Macron. Certes, Manuel Valls porte une responsabilité si le courant social-démocrate n’est pas parvenu à s’imposer au PS, puisqu’il en a été le représentant plus ou moins assumé. D’une part, Manuel Valls a fait l’erreur stratégique de viser la présidentielle de 2022 en faisant l’impasse sur 2017, pensant laisser aller François Hollande à la présidentielle payer le prix de son quinquennat calamiteux. Aussi a-t-il commis cette autre erreur stratégique ne pas démissionner après l’abandon de la déchéance de nationalité alors que l’électorat républicain de gauche comme de droite était en faveur de cette mesure symbolique. Or, la dimension républicaine de Manuel Valls était un atout maître de sa stature présidentielle. D’autre part, et surtout, tandis que la caractérisation essentielle de la ligne Valls était la défense de la social-démocratie, il a négligé de bâtir un véritable projet social-démocrate européen et rénové, solidement fondée intellectuellement. Enfin, il a confondu social-démocratie et «gauche de gouvernement» alors que le gouvernement de François Hollande était gravement discrédité.

Au demeurant, cette ligne social-démocrate existe au sein de l’électorat qui a voté Emmanuel Macron dès le premier tour et a fortiori au second. S’il est difficile de l’évaluer avec précision, on peut toutefois estimer qu’il représente un segment non négligeable compte tenu du niveau d’opinions favorables dont bénéficiait Manuel Valls à une époque où il incarnait cette espérance. D’un strict point de vue électoraliste, il serait erroné d’ignorer cette fraction de l’électorat qui s’il se sent exclu de REM, peut revenir vers les candidats du PS aux législatives dans certaines circonscriptions. Mais surtout, le courant social-démocrate revêt une grande importance pour la présidence Macron et cela pour deux raisons de fond.

Premièrement, tant du point de vue théorique que pratique, les notions de négociation et de compromis qui caractérisent la social-démocratie, devront être au cœur de l’action gouvernementale à venir. De la même façon que la loi El Khomri a été élaborée en dialogue avec la CFDT, la prochaine loi travail annoncée par le candidat Macron devrait impérativement obtenir l’aval du désormais premier syndicat de France. Et cela d’autant que la CGT et la gauche radicale ont déjà promis des mobilisations violentes. À cet égard, l’avertissement lancé par Laurent Berger le 9 mai dernier: «Sans la démocratie sociale, la démocratie politique est impuissante» n’est pas à négliger.

Par ailleurs, la dimension européenne, essentielle dans le projet d’Emmanuel Macron est partagée par une nouvelle social-démocratie s’inscrivant dans une Europe-puissance resserrée, harmonisant politiques sociale et fiscale, défendant ses valeurs et ses frontières, mettant en œuvre une croissance modérée, fondée sur les énergies renouvelables et les nouvelles technologies mais aussi sur les services à la personne et les activités de cohésion sociale. François Hollande a trahi les espoirs en un tel projet en échouant à renégocier les orientations européennes, en s’interdisant de travailler à des régulations internationales du capitalisme financier hyperspéculateur et en désertant la lutte idéologique contre l’islamo-fascisme. Mais les partenaires privilégiés pour une telle stratégie européenne, en France et surtout dans les pays européens et notamment en Allemagne, demeurent précisément les sociaux-démocrates.

Pour terrasser durablement les populismes, un simple projet européiste et mondialiste, jeuniste et moraliste de surcroît, n’est certainement pas le meilleur outil politique.

D’autre part, pour terrasser durablement les populismes, un simple projet européiste et mondialiste, jeuniste et moraliste de surcroît, n’est certainement pas le meilleur outil politique. La dimension populaire et sociale est au contraire fondamentale pour combattre les démagogues qui jouent sur le ressentiment des déclassés ou de ceux qui redoutent de l’être. Or qui mieux que la social-démocratie peut apporter cet élément essentiel à Emmanuel Macron?

Et enfin, le président Macron ne devrait pas oublier un élément majeur du vécu des couches populaires et des classes moyennes qui les poussent trop souvent vers le Front National: l’insécurité culturelle. L’apport laïque et républicain affirmé de Manuel Valls serait également à cet égard très utile au nouveau pouvoir. Car l’islamisme et le multiculturalisme poursuivent leur travail de sape de nos sociétés. Faute de s’en préoccuper réellement, la présidence Macron prend le risque de lasser prospérer une extrême droite qu’il a momentanément contribué à affaiblir. Il est encore temps de faire en sorte que le faux pas vis-à-vis de Manuel Valls ne se transforme pas en une erreur centrale du prochain quinquennat.

Primaire de la gauche : la social-démocratie a-t-elle encore un avenir ?

Manuel Valls, partisan d’une social-démocratie réformée, rencontre des difficultés dans sa campagne. Pour Renée Fregosi, Il lui reste peu de temps pour assumer de nouveau la lutte contre l’islamisme et les deux gauches irréconciliables.

FIGAROVOX/TRIBUNE – 

Renée Fregosi est une philosophe et politologue française. Directrice de recherche en Science politique à l’Université Paris-Sorbonne-Nouvelle, elle a récemment publié Les nouveaux autoritaires. Justiciers, censeurs et autocrates (éd. du Moment 2016).
Comme semblent l’indiquer les enquêtes d’opinion, la candidature de Manuel Valls peine à créer une dynamique. Présenté comme le candidat de substitution à François Hollande, Manuel Valls a fait le choix absurde d’adoucir son image et de renoncer à affirmer un projet social-réformiste cohérent: résolument populaire et laïque, à la fois européiste et républicain. Il lui reste 15 jours pour revenir à la ligne qui a été la sienne, celle notamment de la lutte contre l’islamisme, des deux gauches irréconciliables et de la promotion d’une social-démocratie rénovée.

La social-démocratie est l’antithèse de la gauche radicale.

Car la social-démocratie est l’antithèse de la gauche radicale. Alors que Marx avait prophétisé la mort inéluctable du capitalisme paupérisant les masses, et son abolition par les prolétaires, les sociétés occidentales ont vu le capitalisme se développer en enrichissant certes de façon inégale mais globale y compris les travailleurs exploités. Tandis que Lénine persistait dans l’idée de mettre fin au capitalisme et de l’abattre par une révolution violente quitte à aller à l’encontre de la volonté populaire, les sociaux-démocrates comme Edouard Bernstein qui en théorisa le projet, répondirent en prenant acte du réel et en imaginant de maîtriser la puissance capitaliste pour le bien de tous.

La social-démocratie s’est donc instaurée comme le cadre de négociations pour organiser un partage de plus en plus juste des richesses produites collectivement.

La social-démocratie s’est donc instaurée comme le cadre de négociations pour organiser un partage de plus en plus juste des richesses produites collectivement. L’archétype français de ce système mais qui, malgré sa réussite, n’a jamais été érigé en France en modèle politique cohérent et conquérant, c’est les accords de Matignon en 1936: sous la pression de la mobilisation syndicale, les détenteurs du capital consentent à redistribuer directement un part des profits au travail (par des augmentations de salaires, réductions du temps de travail et congés payés) et une autre partie aux pouvoirs publics pour assurer des prestations sociales (retraite, accident du travail notamment dans ce premier temps) et l’amélioration des services publics (éducation, santé, culture pour tous). En retour, les travailleurs payent eux aussi des charges sociales et s’engagent à la paix sociale. La loi quant à elle institutionnalise le compromis social, garantit les accords entre partenaires et fixe le cadre de négociations régulières.

Poursuivant la tactique mitterrandienne, François Hollande a toujours refusé de « cliver », et s’interdisant de trancher sur le fond des questions.

Ces avancées considérables pour le prolétariat et la société française toute entière, qui suscitèrent un large consensus, contrevenaient radicalement à la stratégie révolutionnaire rupturiste communiste, même si pour des raisons conjoncturelles, le bolchevisme accepta de s’y associer à certaines périodes. A son tour, l’Union de la gauche a consolidé le fantasme d’une alliance naturelle entre l’autoritarisme communiste et le libéralisme socialiste. Poursuivant la tactique mitterrandienne, François Hollande a toujours refusé de «cliver», et s’interdisant de trancher sur le fond des questions, il préféra toujours la complaisance à l’égard de la gauche radicale d’aujourd’hui, égalitariste, pédagogiste, justicialiste, multiculturaliste et idiot utile de l’islamisme. Renonçant par ailleurs à son projet annoncé de convaincre les partenaires européens d’une indispensable unification fiscale et sociale, il acheva ainsi de ruiner le principe social-démocrate qui aujourd’hui impose une mise en œuvre européenne et des régulations au niveau mondial.

Sur les décombre d’un quinquennat calamiteux, à la vieille de l’élection présidentielle, la rénovation de la social-démocratie à l’échelle européenne n’est pas à l’ordre du jour.

Sur les décombre d’un quinquennat calamiteux, à la vieille de l’élection présidentielle de 2017, la rénovation de la social-démocratie à l’échelle européenne n’est alors pas plus à l’ordre du jour que sous François Mitterrand chez ses héritiers hollandais. Faute d’un projet commun articulant objectifs traditionnels (redistribution et innovation) et nouveaux défis (mondialisation et totalitarisme islamiste), la «gauche de gouvernement» présente de pâles figures et des perspectives peu enthousiasmantes. Pourtant, et l’engouement peut-être éphémère pour Emmanuel Macron en est un indice, l’audace d’une proposition résolument réformiste pourrait rassembler largement. Balayant le prêchi-prêcha des prétendues «valeurs de la gauche» par la ferme affirmation des principes laïques du combat pour la libre pensée et l’émancipation des individus, refusant la culpabilisation de l’occident et l’impuissance de l’Europe, le candidat socialiste serait le seul légitime à porter les espoirs à la fois d’une plus juste redistribution, d’une libéralisation des énergies entrepreneuriales et d’une régulation supranationale du capitalisme.

Manuel Valls doit également s’inscrire en faux contre la vision assistantielle et multiculturaliste d’une société fracturée.

Pour ce faire, Manuel Valls doit également s’inscrire en faux contre la vision assistantielle et multiculturaliste d’une société fracturée. Rejetant le paradigme déficitaire consistant à abaisser pour tous le niveau d’exigence dans l’éducation nationale, au risque de contredire certains de ses soutiens comme Najat Vallaud Belkacem, il doit réaffirmer le modèle de l’élitisme républicain. Luttant contre l’injonction du respect de la prétendue liberté des femmes, il doit rappeler que le voile est symbole d’impureté et de soumission, et s’opposer à toute demande communautariste sur les lieux de travail, dans les espaces publics et tous les établissements d’enseignement quelque soit leur niveau. Combattant l’illusion d’un nationalisme du repli, il doit articuler de façon cohérente exigences sécuritaires et stratégie internationale.

A l’inverse des enjeux de la primaire à droite, clarifier ce que doit être un projet de gauche réformiste permettrait à la fois de rassembler le plus grand nombre de sympathisants socialistes et de poser les bases d’un rassemblement plus large, au de-là de la gauche. Car le cœur de l’électorat socialiste est aujourd’hui convaincu du bien fondé de l’option réformiste, contrairement à ce que croient trop souvent les dirigeants de PS. Certes, il restera toujours des marges bolchevisantes impossibles à rallier mais faire prévaloir enfin le social-réformisme sur les dérives gauchisantes lors des primaires socialistes, c’est aussi la seule façon de retrouver une dynamique à gauche et au centre. Manuel Valls porte cette lourde mais exaltante responsabilité. Seul héritier putatif de Michel Rocard et à travers lui de Blum et de Mendès, en aura-t-il la stature? Le temps lui est compté pour en faire la preuve.

The last candidate to speak out

The French Report

The leader of La France Insoumise finally talked today. He revealed that he will not tell for who he will personally vote for the second round.

A general consultation with his supporters on the web

Jean Luc Mélenchon launched a general consultation with his supporters yesterday on his website: jlm2017.fr. They have the choice between:

  • Blank vote
  • Abstention
  • Vote for Emmanuel Macron

The choice to vote for Marine Le Pen is not even proposed. This reveals the general position of the party which was really popular amoung young voters (30% of the 18-24yo).

“In our movement, there will be several opinions”

Whatever is the result of the consultation, “in our movement, there will be several opinions” stated the candidate’s spokesperson, Alexis Corbière.

All the opinions as well as the…

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Five runners, five shades of Europe

The French Report

The French elections are crucial for the future of Europe. Two candidates want to leave the European treaties, while the other three, despite different approaches, want to change the European Union. With programs varying from the far-left to the far-right, France’s candidates are offering five visions of Europe.

Jean-Luc Mélenchon: “The Europe of our dreams is dead”

melenchon

For the candidate of La France insoumise, "Europe, either we change it, either we leave it." According to him, "the EU is currently a single market only and the peoples are subjected to banks and finance's dictatorship." He argues that EU's policies of "economic austerity, free-trade and destruction of public services" do not fit his programme.

He advocates an exit of the European treaties “which oblige us to conduct austerity measures, to abolish the state’s action and public investments under the pretext of a debt that everyone knows won’t be paid in any country”. Instead…

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Logically flawed, morally indefensible: EU citizens in the UK are bargaining chips

blogs.lse.ac.uk/brexit/2017/02/16/logically-flawed-morally-indefensible-eu-citizens-in-the-uk-are-bargaining-chips/

16/02/2017


The rights of EU citizens living in the UK are not guaranteed. An amendment that would have given them post-Brexit rights regardless of the outcome of negotiations was voted down in the Commons.
Ruvi Ziegler says the government’s argument – which says that by refusing to guarantee EU citizens’ rights, it is protecting British people living in the EU – is not only logically flawed, but morally indefensible. Furthermore, given the likelihood of drawn-out exit negotiations, they will remain in limbo for some time yet.

On 8 February, the  EU (Notification of Withdrawal) Bill passed Third Reading in the House of Commons, by 494 votes to 122.  MPs rejected all amendments to the 133-word Bill. This post concerns the rejection by 332 votes to 290 of an amendment tabled by Harriet Harman, Chair of the Joint Committee on Human Rights (JCHR), designed to ensure that post-Brexit rights of non-UK EU citizens ‘lawfully resident in the UK on 23 June 2016’ will be guaranteed before the triggering of Article 50 and irrespective of the outcome of negotiations between the UK and Union institutions.

Only three Conservative MPs voted for the amendment, after the Home Secretary had sent a letter to select MPs assuring them that ‘nothing will change for EU citizens, whether already resident in the UK or moving from the EU, without Parliament’s approval’. The Government was joined by the DUP, UKIP, and six Labour MPs, including Gisela Stuart.  Stuart, former Chair of ‘Vote Leave’, chaired a British Future Inquiry into ‘Securing the status of EEA+ nationals in the UK’. The Inquiry’s December 2016 report concluded that ‘retrospective changes to [EEA+ nationals’] status are unfair as [those] who have settled in the UK could legitimately expect their status to remain secure when they moved here…The Inquiry recommends, as a cut-off date, the day that Article 50 is triggered’. Notably, this is a later ‘cut-off’ date than Harman’s amendment.

anti-brexit demo

The follies of the Government’s reciprocity argument

There are substantive difficulties with the Government’s insistence on reciprocity, as reflected in Section 6 of its White Paper. The Commons debate revealed little zeal among MPs for making non-UK EU citizens’ status conditional upon reciprocity, let alone desire for en masse expulsion, should negotiations fail.

First, the claim that, the Government is protecting UK citizens residing in the EU-27 by refusing to unilaterally and unconditionally give non-UK EU citizens the reassurance they seek is fanciful (I have written about their future status). Organisations representing UK citizens resident in Germany, Gibraltar, France, Spain, Finland, and Belgium signed a joint letter to the PM  urging her to unilaterally offer guarantees to non-UK EU citizens. There is no evidence of hostility against UK citizens in the EU-27, and assigning blame to Union institutions for supposedly refusing to reach a reciprocal agreement before the UK serves its Article 50 notification is a red herring.

 Second, the Government cannot have it both ways: if the fate of non-UK EU citizens will not depend on the outcome of the negotiations, the refusal to remove the uncertainty and to clarify the ‘cut-off’ date before negotiations commence is puzzling. The Government’s insistence on reciprocity logically implies that, if negotiations fail, rights of non-UK EU citizens may be curtailed. In 2017, such a ‘bargaining chips’ approach is morally indefensible.

Third, whereas it is within the unilateral gift of Westminster to secure the status and rights of non-UK EU citizens irrespective of the withdrawal agreement, reciprocity ipso facto requires agreement, and it is far from certain that it will be reached at an early stage of the negotiations.

It bears mentioning that non-UK EU citizens (except Maltese, Cypriot, and Irish citizens), and UK citizens who have been residing abroad for more than 15 years, were not eligible to vote in the 23 June 2016 referendum, despite being (among) those most directly and adversely affected by its outcome (analysis).

The road ahead

The Bill now moves to the House of Lords. A #RightToStay Mass Lobby of Parliament, co-organised by the 3 Million and New Europeans, will take place on 20 February, coinciding with the ‘One Day without Us’ National Day of Action and, intriguingly, with the Bill’s Second Reading in the Lords.

Several Peers have already tabled amendments to the Bill, including in relation to non-UK EU citizens. One replicates the JCHR stipulation, whereas another extends beyond ‘rights of residence’ also to ‘other rights enjoyed by EU citizens’. The Government, which does not have a majority in the Lords, issued thinly veiled threats  that the future of the upper house is at risk were Peers to scupper Brexit; since securing the rights of non-UK EU nationals does not stand in the way of triggering Article 50, one remains hopeful that an amended Bill will be sent back to the Commons.

This post represents the views of the author and not those of the Brexit blog, nor the LSE. It first appeared at the Oxford Human Rights Hub blog.

Dr Ruvi Ziegler is Lecturer in Law at the University of Reading. He advises New Europeans.

Red Ellen: The Life of Ellen Wilkinson, Socialist, Feminist, Internationalist. Laura Beers. Harvard University Press. 2016.

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Red Ellen: The Life of Ellen Wilkinson, Socialist, Feminist, Internationalist, authored by Laura Beers, gives readers a vivid insight into the life of one of the most important figures in the history of the British radical left.

Ellen Wilkinson’s accomplishments speak for themselves: she helped to found the British Communist party; was the tenth woman to earn a seat in parliament; advocated for the poor both in the UK and abroad; was one of the first female delegates to the United Nations; helped lead the Jarrow Crusade; and played a central role in the post-World War Two Labour government. As part of her political career, Wilkinson met Lenin and Trotsky in Moscow and not only befriended the leaders of the Indian Congress Party, but also German anti-fascist groups and the Spanish Republican government.

Wilkinson was a self-made woman, and her exceptionalism highlights the scope of opportunity afforded to women active in politics within the interwar period. The boundaries between the private and public spheres were beginning to blur, and women were no longer forced to conform to the oppressive Victorian ideal of the ‘Angel in the House’: the notion that young women were duty-bound to devote themselves to household chores and raising a family. Ellen’s success, however, was not without controversy: her affairs with colleagues garnered accusations of favouritism, and many of her personal papers were burnt by her brother after her death to avoid further scrutiny. Whilst Red Ellen provides an in-depth insight into Wilkinson’s remarkable life and career, it also raises questions about both the history and the future of the radical left in the UK: where has it been, and perhaps more importantly, where it is going.

This relatively short review cannot possibly give the reader a truly in-depth insight into the life and times of Ellen Wilkinson – that is what the book is for. Instead, I have attempted to give the reader a brief glance into Ellen’s early development as an intellectually curious and vivacious child and teenager before turning to the midst of her political career, a period that saw her travel the world in pursuit of social justice. The looming spectre of fascism over Europe in the interwar years triggered something of a crisis in Ellen’s understanding of impending political events: the outbreak of the Spanish Civil War, in particular, did not see the left coming together to overthrow fascism as she had anticipated, despite men and women from across Europe travelling to Spain to fight in the resistance. Europe did not unite, and was subsequently plunged into darkness.

Image Credit: ‘The Jarrow March’, Jarrow Metro Station (Andrew Curtis CC BY SA 2.0)

In order to gain an understanding of Ellen’s life, we must start with a look at its foundations. In Chapter One, ‘The Only Girl Who Talks in School Debates’, Beers gives the reader crucial insight into both Ellen’s early life and the Wilkinson family dynamic. Ellen Cicely Wilkinson was born in October 1891 to Methodist parents, Richard and Ellen. The family lived in a house south of the river Medlock, downriver from an area described as ‘Little Ireland’ by Friedrich Engels in The Condition of the Working Class in England (1845), his exposé of the dire living conditions facing working-class families in Manchester and Salford. Regardless of the area’s less-than-favourable associations, the Wilkinson family were considered ‘lower-middle class respectable’ and lived in a community that was relatively socially diverse, getting on well with their neighbours. Despite his lack of formal education, Richard Wilkinson took a strong interest in religious and world affairs, a quality that his daughter shared. Both parents encouraged the passions of their children, but Ellen had more in common with her father, who facilitated her learning.

Ellen was not intellectually stimulated in school, but found ample opportunity to learn about the world through attending Methodist Sunday school classes and by reading voraciously at home. At the age of fourteen, Ellen was reading Ernst Haeckel, Aldous Huxley and Charles Darwin. Her Sunday school classes also afforded Ellen a chance to hone her oratory skills, which would become invaluable to her political pursuits in later life.

Ellen’s formative years saw her develop into a passionate, intellectually curious and politically aware young woman. Instead of going into teaching, as was the norm for young lower-middle-class women at the time, Ellen won a scholarship to study History at the University of Manchester in 1910 with the full support of her family. Yet, Ellen’s political awakening had begun as early as 1908 when she attended meetings of the Independent Labour Party (ILP), and the Church Socialist League (CSL). By 1909, Ellen had not yet ‘found’ feminism, but came into contact with women through the ILP; she would later work alongside them in the women’s movement. Whilst Ellen enjoyed university, she became increasingly distracted by her political activism, but still graduated with a 2:1 in 1913: the highest honour given to a woman that year. Afterwards, Ellen was hired by the Manchester Society for Women’s Suffrage (MSWS) as a paid organiser. Subsequently, Ellen’s lifelong commitment to the women’s movement began; and the rest, as they say, is history.

The Jarrow Crusade of 1936 is seen today as the pinnacle of Wilkinson’s political career. Following the 1935 General Election, Ellen was returned as MP for Jarrow. Ellen was the only woman to participate in the campaign – though she didn’t complete the whole route due to previous commitments – which saw protestors march from their home in north-east England to London to protest the closure of local shipyards and the poverty caused by their subsequent unemployment. However, as Beers notes in Chapter Twelve, ‘Pursuing Social Justice in Britain and Beyond’, it was but a small part in Wilkinson’s transnational quest for justice.

Throughout her career, Ellen’s detractors had argued that her commitment to transnational affairs distracted her from domestic issues. However, there had been less call for her attention at home towards the end of 1934. Despite being the Women’s Organiser for the National Union of Distributive and Allied Workers (NUDAW), there were few strikes to organise. Ellen had argued that the MP salary of £400 was not nearly enough to live on; writing and lecturing therefore became the dominant source of her income. Ellen set sail to the US on the penultimate day of 1934 to investigate Franklin D. Roosevelt’s ‘New Deal’: a series of post-Depression-era programmes that focused on the so-called Three R’s of ‘relief, recovery, and reform’.

Ellen’s own prescription for Britain’s economic woes had been to increase consumer purchase power, in theory similar to Roosevelt’s ‘New Deal’. However, as Ellen observed during her time in the US, industrial control remained the exclusive domain of capitalists. She argued that such moves only increased corporate powers over the state: corporations would be content to give higher wages to workers instead of reorganising inherent structural inequalities. (One can arguably see a parallel in global politics today, particularly in light of President Donald Trump’s cabinet choices.)

Despite her trip to the US, the growing threat of Nazi Germany, the volatile political situation in Spain and Italy’s invasion of Abyssinia, Ellen was nonetheless forced to rethink how best to achieve reform at home and abroad and redefine her political priorities, which ultimately centred on the alleviation of national poverty. Government debates over its stance on the seemingly unwinnable Abyssinian crisis, Ellen argued, detracted from important issues at home, fostering accusations of insincerity and careerism. Beers is careful to point out that whilst Ellen was variously labelled throughout her career, ultimately she was adaptable, and her priorities as a politician shifted with the peaks and troughs of the domestic and international landscapes and reflected the ‘real world’ concerns of her constituents.

On 27 January 1947, Ellen attended her final cabinet meeting as Minister of Education. Unusually, she did not participate in the debate. Her health had become increasingly poor at this point, due to a mix of overwork, addiction to caffeine, asthma and the reputed abuse of both asthma and over-the-counter medication. She died on 6 February 1947 from heart failure resulting from an attack of bronchitis. There was no evidence of foul play, but an autopsy pointed to an overdose of barbituric acid, a key ingredient in sleeping pills.

Today, left-wing activists struggle to find parity in an ever-globalising world. And although Ellen herself could not claim to provide all the answers needed to get by in life, politics and beyond, her career is testament to the importance of questioning the status quo and dismantling the structural inequalities that prevent others from living a life free from the threat of war and socio-economic dissimilitude. Ultimately, if we can learn one thing from Ellen’s example, it is that we must strive to work together for a fairer future for all.

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Note: this review was published on the LSE Review of Books.

About

Katherine Williams graduated from Swansea University in 2011 with a BA in German and Politics. She received a distinction for her MA dissertation on the motivations of women involved in ethno-national liberation movements. Her academic interests include feminist methodologies and political theory, memory and reconciliation politics, and gender in IR. You can follow her on Twitter: @polygluttony. Read more reviews by Katherine Williams.